L’impact de facebook et twitter sur le lancement d’un site

Les réseaux sociaux permettent-ils de faire rapidement connaître un nouveau site web ou blog ? Lorsqu’on se lance, très rapidement vient l’angoisse du trafic et donc du référencement de son nouveau bébé. Petit cas pratique avec un site sur les applications Android que je viens de lancer.

My social Network on Flickr, Facebook, Twitter and MyblogLog

Pour les néophytes, Android c’est le système d’exploitation (un OS) de Google qui permet de faire tourner certains téléphones de dernière génération (smartphones). J’ai donc cherché à améliorer la visibilité du site, en particulier par le biais de facebook et twitter. Comme il existe très peu d’informations sur le sujet, je me suis dit que ce serait intéressant de vous faire partager mon expérience.

Nous sommes vendredi. Le trafic du site, mis en ligne depuis une semaine, est encore quasi-nul. Autour de 5 visiteurs uniques par jour. J’en profite pour vous préciser que toutes mes statistiques sont tirées de Google analytics. Il est presque 14h et je me dis que la digestion incitera mes followers à aller flâner sur le net. J’envoie alors le tweet suivant :

Un tweet informatif sur un lancement est peu repris

Un message informatif donc. Sans fioriture. Avec une petite mention « Please RT » appelant mes abonnés ou amis à reprendre l’info sur leur compte twitter. En une après midi, je me fais retweeter (reprendre) 3 fois. Un autre message reprend l’info avec originalité et un cinquième renvoie directement sur un article du site. Soit une moyenne de 1 mention pour 80 personnes qui me suivent. Un score assez faible mais qui reste honorable. Sachant que sur les mois de décembre et de janvier, je tourne en moyenne à un peu moins de 0,5 mention par tweet. Autrement dit, pour 2 tweets envoyés, je suis relayé / mentionné / interpellé sur twitter une fois.

Première conclusion : les tweets repris et qui font le buzz restent les infos insolites, celles qui concernent directement et professionnellement son réseau (en l’occurrence pour moi le web, les journalistes et les modèles économiques des médias) ou encore les clashs. Préférez également des messages précis sur une actualité ou une initiative particulière qu’un message trop généraliste.

Rien de fondamentalement nouveau par rapport à ce qu’on savait déjà. Lisez à ce sujet les articles de Slate « Comment devenir une star de twitter » et de Paperblog « Comment réussir le ReTweet?« .

Un fossé entre l’audience potentielle et l’audience réelle

Ensuite je me suis intéressé au nombre de personnes susceptibles de lire ce tweet et donc de cliquer sur le lien. Je me suis limité ici au nombre de mes followers et à celui des personnes qui m’ont retweeté. Soit un peu plus de 6200 comptes cumulés. Pour éviter les doublons (les personnes qui ont plusieurs followers en commun), j’ai utilisé le service TweepDiff. J’arrive alors à environ 3400 comptes uniques. Pour simplifier, disons 3400 personnes. Auxquelles il faut ajouter mes contacts sur Facebook. Mon statut sur Facebook est en effet fusionné avec mon compte twitter, même si certains le déconseillent. A juste titre mais je manque de temps, donc… Bref, l’audience potentielle du tweet en question est donc composée d’environ 3500 personnes.

Le premier jour, près de 25 personnes ont visité mon site en passant par twitter et facebook, générant environ 26% du trafic de la journée. Sur les 3 premiers jours, c’est à peine plus : 33. Là, on tombe autour de 15 % du trafic. Rappel, s’il était besoin, que twitter reste le royaume de l’instantané.

J’essaierai de faire un bilan du trafic sur mon site provenant de twitter et facebook au bout de la première année. Mais je pense que le trafic généré par ces deux réseaux sociaux ne sera pas très différent de ce qu’on observe sur les sites généralistes et certains blogs.

0,7% de l’audience potentielle a donc cliqué sur le lien. Finalement un taux de clic par personne assez semblable à ce que j’ai pu lire ici et là. Comme pour le compte de @jeanlucr, qui avait plus de 73000 followers à l’époque (attention les chiffres du lien ne ne sont donnés qu’à titre indicatif, cf. fin de la page).

Deuxième conclusion : avec le flux d’activité grandissant sur twitter et facebook, il devient de plus en plus difficile de se faire une place dans la timeline des gens qui nous suivent.

Paris say Fluide

Quelle qualité de trafic généré ?

C’est sans doute l’information la plus importante. Dans mon cas, les utilisateurs de twitter se sont montrés particulièrement volages. Sur la première journée de lancement, le nombre de pages vues par personne venant de twitter est certes de 2,69 (un score dans la moyenne). Mais pour seulement 52 secondes de consultation moyenne : à peine plus de 19 secondes par page ! Bien que rompus à l’exercice de la lecture en diagonale, j’ai bien du mal à croire que les utilisateurs de twitter savent tirer la substantifique moelle d’un article plus vite qu’un moteur de recherche.

Pour les internautes provenant de facebook, c’est encore pire : 1,38 pages par personne pour 18 secondes de temps moyen passé sur le site. En comparaison sur la même journée, la consultation pour l’ensemble des visiteurs du site a duré en moyenne 2mn36, avec 3 pages vues par personne.

Évidemment, il serait ridicule de tirer des conclusions hâtives sur une seule journée avec aussi peu de clics (25 en tout). Mais il apparaît que la qualité de trafic généré par twitter et facebook soit bien moindre que le trafic généré par exemple par des liens dans des forums sur la question ou sur des blogs ou encore par Google (ce qu’on appelle parfois le trafic naturel). Cela n’a toutefois pas été complètement inutile puisque, côté référencement, j’ai gagné en un week-end quelques places sur Google.

Troisième conclusion : qualité ne rimant pas avec quantité, le fait que les réseaux sociaux puissent générer plus de trafic d’ici quelques années que Google est donc à prendre avec du recul. Mais ca peut aider au niveau du référencement.

Cela confirme en tout cas ce qu’avait constaté TechCrunch France en début d’année dernière. Je vous donne rendez-vous l’année prochaine pour un bilan complet et savoir si la même tendance se dégage.

Crédits photo : Luc Legay et JerOmm.nz

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