Note de veille : international Obamaland

« Nous devons rejeter l’isolationnisme et son corollaire, le protectionnisme ». Les mots ne sont pas de Barack Obama mais bien de son prédécesseur à la Maison Blanche lors de son discours d’adieu : Georges W. Bush. Ironie de l’histoire, c’est en se détachant des orientations internationales de l’administration Bush que Barack Obama a commencé à suivre ce conseil. D’un point de vue diplomatique tout du moins. Le journal suisse Le Temps va même jusqu’à parler d’une « entreprise de débushification ».

On aurait presque tendance à l’oublier mais Barack Obama est le président des Etats-Unis d’Amérique, élus par les Américains pour les Américains. Rien de plus naturel à cela. Et c’est dans ce cadre qu’il convient d’analyser la première semaine internationale du 44ème président des Etats-Unis. Dès ses premiers pas, le nouveau locataire du bureau ovale a décidé d’envoyer des signaux forts au reste du monde. Surprenant à l’heure où l’économie américaine subit la crise de plein fouet (La Tribune). Tandis que le plan de relance américain de plus de 800 milliards de dollars est en train d’être examiné, l’essentiel des mesures prises la semaine dernière se sont concentrées sur des enjeux internationaux. La plupart des décisions sont certes consensuelles mais elles étaient fortement attendues.

La fermeture d’ici un an de Guantanamo en premier lieu. Cette zone de non droit où sont emprisonnées près de 250 personnes soupçonnées d’être en lien avec une entreprise terroriste. Reste à juger de la culpabilité ou de l’innocence des détenus et, le cas échéant, à déterminer les conditions de leur libération. En dehors des problèmes juridiques que cela soulève, une autre mesure qui complète cette fermeture est passée relativement inaperçue. Il s’agit du décret sur le respect de la convention de Genève pour les prisonniers et la suppression des prisons de la CIA à l’étranger. Même si Kenneth Roth, le président de Human Right Watch, exhorte Barack Obama à aller plus loin, le symbole est fort. « Jamais, sans doute depuis la Seconde Guerre mondiale, l’image des Etats-Unis dans le monde n’avait été aussi dégradée » estime Serge Halimi dans Le Monde diplomatique. En redorant l’image de son pays à l’extérieur, le nouveau président tente aussi de redonner confiance en leurs valeurs aux Américains.

La même logique prévaut en ce qui concerne l’Irak. Une guerre qui a en outre coûté plusieurs milliers de milliards de dollars aux Etats-Unis. Depuis 20 ans, les pertes américaines sont abyssales au Proche-Orient si l’on en croit une récente étude (résumée sur Rue89) du Strategic Foresight Group (SFG). Barack Obama semble en avoir conscience puisqu’un de ses premiers gestes a été de contacter très rapidement l’ensemble des acteurs politiques de la région. Dans le même temps, il a dépêché sur place un émissaire, George Mitchell, et a tendu la main à l’Iran (AFP). Enfin, dans le même ordre d’idées, il a abrogé une mesure interdisant le financement par l’Etat fédéral d’organisations pratiquant ou facilitant l’avortement à l’étranger.

Sur le plan environnemental, Barack Obama semble là encore déterminé à ne plus laisser aux Etats-Unis le mauvais rôle du retardataire. En réalité, l’objectif est la création de nouveaux emplois aux Etats-Unis et une pression accrue sur les mauvais élèves en matière de pollution que sont la Chine et l’Inde (cf. Le Monde).

Aussi jouer la carte de l’international est un enjeu crucial sur le plan intérieur : redonner confiance aux Américains dans leur système, créer des emplois et reporter une partie de la pression qui pèse sur les épaules des Etats-Unis. L’angle d’attaque du président Barack Obama est logique. Il lui faudra cependant très vite revenir à des mesures difficiles à prendre sur le plan intérieur pour extirper les Etats-Unis d’un climat morose tant au niveau économique, que politique et social.

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Une réaction sur “Note de veille : international Obamaland”

  • Anonymous dit :

    Bonne revue de presse, bravo. Juste, il manque un chapô pour expliquer aux gens que c’est une revue de presse (on penserait que c’est toi qui fais l’analyse au début).
    On va voir ce que mister O. va faire dans les prochaines semaines, surtout sur l’économie. On l’attend au tournant… espérons qu’il foncera pas dans le mur…
    (Ariane)

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